Battants sur le toit

Peintures en bâtiment et peintures sans tuiles, poésies par la fenêtre et proses sur le toit, les deux pouvant se retrouver en faisant école... buissonnière, musiques de chambre et de cour, fenêtres ouvertes sur toutes les portées... danses sur le fil

25 février 2007

Censure inexpliquée, un texte de Bernhard ressuscité

Les éditions Gallimard ont attendu 25 ans avant de publier Lis Les Mange-pas-cher de Thomas Bernhard, livre que d'aucuns s'accorderont à dire qu'il était plus "faible", moins soigné, sans doute moins travaillé que les précédents, mais comment ne pas s'interroger sur cette rétention, qui a profité cette mise à l'écart et pour quelle raison cet ouvrage quasi-prophétique, s'il en est, a été délaissé, qui annonçait sans vergogne le verrouillage de la culture, par la disparition des libraires qu'il dénonce déjà. A sa sortie, la critique l'avait confiné dans une physionomie toute autrichienne...  pour ne pas entendre le sarcasme, la raillerie de l'auteur sur le monde tel qu’il était, est...
Ce retard de 25 ans aurait pu faire croire que la prose serait tombée à côté des choses, mais ce retard renforce la vision de l'auteur : le livre est percutant malgré ses défauts, "strident" : "Ça ricane de bout en bout dans les aigus d’une bouche édentée". 25 ans c'était de toute façon trop tôt pour mesurer la pertinence de l'ouvrage, 25 ans pendant lesquels Thomas Bernhard devait se demander pourquoi cette mise en sourdine, quand son souci n'était autre que "de faire vomir la vérité à grands coups de pieds dans la phrase". 25 ans de retard, 25 ans de veille et de recul après parution...

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